Le projet Chambre

Un projet mené en collaboration avec la maison rouge, l’hôpital Sainte Anne et le musée Singer-Polignac.

Chambre est un projet élaboré autour de la situation de souffrance dans laquelle se trouvent les personnes atteintes de troubles psychiques. Que reste-t-il de soi, de son imaginaire, de son intime, dans un lieu d’enfermement comme l’hôpital psychiatrique ?

Cette situation est singulière puisque nous ne connaissons pas tous la perte de lien à la réalité provoquée par la maladie psychique et l’enfermement. En revanche, nous avons tous constamment recours à l’imaginaire pour nous fabriquer des mondes qui nous aident à magnifier la réalité afin de la rendre supportable. L’imaginaire fantasmatique et le monde virtuel en sont deux modèles.

Maladie mentale, rêve, vie virtuelle : trois visions de la fragilité, de la complexité de l’être et de son enveloppe.

Chambre concrétise ces trois situations sous forme de trois espaces : trois chambres construites à partir d’un dialogue entre les deux artistes et des patients de l’hôpital Sainte Anne. L’une au musée se trouvant dans l’enceinte de l’hôpital, l’autre dans un espace d’art contemporain, la troisième sur Internet.

Le dispositif relie ces trois espaces et convie les visiteurs à circuler de l’un à l’autre, les invitant ainsi à dépasser les murs physiques et symboliques qui séparent le dedans et le dehors, le normal et le fou, le fou et l’artiste…

Chambre relie trois lieux. Au musée Singer-Polignac se trouve la chambre des secrets  reconstitution d’une chambre d’hôpital, où les visiteurs découvrent peu à peu des bribes d’intime cachés derrière l’apparente fonctionnalité. La maison rouge accueille la chambre des rêves  où l’intime s’expose et explose : tout est possible car nous sommes dans le domaine du rêve, du fantasme et de l’imagination débridée. Sur Internet, la chambre virtuelle est construite au sein du réseau social en ligne Second Life.

Projet de mise en réseau, de circulation, entre des espaces mais aussi entre des personnes, Chambre se construit sur un mode particulier. Pendant un an à partir de mars 2011, les deux artistes sont en résidence à l’hôpital Sainte Anne. Dans une pièce-atelier, elles construisent les éléments des dispositifs. En parallèle, elles mettent en place des rencontres avec des patients de l’hôpital autour de différentes médiations artistiques (photo, écriture, collage, vidéo, chant). Ces ateliers sont une source d’inspiration artistique et produisent des objets écrits, sonores ou plastiques qui trouveront place dans les chambres.

Deux exemples de « portraits d’objet », produits en mars 2011 lors du premier atelier de rencontre à Sainte Anne : En novembre 2012, une première exposition, au musée Singer-Polignac, réunit les productions de ces ateliers, des éléments de petite et moyenne taille fabriqués par Isabelle Roy et destinés à prendre place dans les chambres, des matériaux et échantillons constituant la recherche formelle du projet et des oeuvres des archives du musée Singer-Polignac.

L’exposition finale a lieu en 2014 dans trois lieux. Le musée Singer-Polignac accueille la Chambre des secrets dans l’enceinte de l’hôpital Sainte Anne ; la maison rouge accueille la Chambre des rêves ; le site Second Life accueille la Chambre virtuelle.

Les trois chambres sont à la fois autonomes et complémentaires. Le visiteur peut n’en voir qu’une seule mais le dispositif est pensé pour l’inciter à visiter les autres espaces. Comme une invitation à découvrir l’autre face de l’objet. Car même si le dispositif se déploie sur trois espaces distincts et distants, il est un tout unitaire et cohérent. Comme une invitation à circuler entre les lieux afin de dépasser les murs, physiques et symboliques, qui séparent et isolent les malades et les soignants, les artistes et les spectateurs, le réel et le virtuel, le dedans et le dehors, l’intime et le social…

Chambre est un projet d’Isabelle Roy.

Artiste plasticienne Suisse, Isabelle Roy obtient en 2000 une bourse-résidence d’un an à la Cité Internationale des Arts à Paris, ville où elle réside encore. Dans son travail, qui emprunte toutes les voies qu’offrent les arts plastiques et la vidéo, elle questionne les incohérences de la société, les clichés, le diktat des images, et souligne leur influence sur le comportement humain. Elle échafaude des situations autour du possible espoir de changement, du passage de la vie ordinaire à une vie extraordinaire via les mirages du succès et de la réussite dont les médias font commerce. En 2005, elle réalise JURA, cinquante portraits filmés de Jurassiennes et Jurassiens, documentaire choisi pour célébrer le 25e anniversaire de l’entrée en souveraineté de la République et Canton du Jura, et soutenu par Pro-Hélvétia, le Pour-Cent Culturel Migros et Regio Films.

Sandrine Pitarque dont la biographie se trouve ici est artiste associée au projet

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